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Culture, Interviews, Politique, Société

« Dans mes clichés, il y a probablement aussi une part d’inconscient ». Interview du photographe Ridha Ben Hmouda

Trois des triptyques exposés – Photo : R. Ben Hmouda

Le photographe Ridha Ben Hmouda expose une partie de son travail durant le mois de novembre 2012 à la Librairie 100 Papiers, Schaerbeek. Du Brésil à la Géorgie, de l’Iran à la Belgique, Ridha sillonne le monde, ses villes et leurs quartiers, en quête de l’instant de vie dont il souhaite, à travers ses clichés, communiquer la magie.

Les photographies de Ridha Ben Hmouda sont autant de fenêtres ouvertes sur le monde. En couleurs ou en noir et blanc, présenté sans légende, son travail, tout en lumières, reflets, ombres, subtils contrastes et réalisme, suggère différents angles d’interprétation. Des éléments sont affichés, d’autres sont dissimulés, certains présentent un lien entre-eux, notamment sur les triptyques, d’autres se révèlent totalement indépendants. Le visiteur se situe tantôt dans la certitude, tantôt dans le doute. Cette liberté offerte au spectateur cadre parfaitement avec la liberté que s’octroie Ridha dans la pratique de son art, grâce à une maîtrise technique et à une sensibilité lui permettant de capter la vie autour de lui et d’exacerber son ressenti par la photo. Interview :

Comment est née votre passion pour la photo ?
La naissance de ma passion pour la photo remonte à la découverte du boîtier Yashica reflex dans l’armoire de mes parents, à Marchienne-au-Pont. J’ai commencé à appuyer sur le bouton, position automatique, vers 14 ans. Week-ends scout, vacances en Tunisie – ndlr : d’où sa famille est originaire. Fancy fairs de l’école, carnavals et autres Gilles, tout était bon tant qu’il en restait des souvenirs sur le papier.

Ensuite, durant mes études à l’Institut des Arts de Diffusion de Louvain-la-Neuve, j’ai découvert l’image et les métiers du cinéma. Je travaille aujourd’hui comme caméraman professionnel depuis 16 ans. C’est parallèlement que le plaisir de la photographie s’est développé. Le déclic révélateur eut lieu en plein milieu du désert tunisien au passage du millénaire et depuis, je sais qu’en plus d’appuyer sur le bouton, il faut aussi ressentir.

Bel Horizonte – Photo : Ridha Ben Hmouda

Quels sont vos sujets de prise de vue favoris ?
La vie, le quotidien des gens. Je pense que cela vient en partie du photojournalisme et du fait que je suis avant tout un citadin. Combiner la photo aux voyages me permet de capter la vie autour de moi en me laissant porter par mes émotions. Dans mes clichés, il y a probablement aussi une part d’inconscient. Par exemple, il n’est pas rare qu’un élément que je n’avais pas forcément vu lors de la prise de vue se retrouve sur la photo et rajoute une dimension supplémentaire qui va renforcer l’ensemble. Tel est le cas sur la photo ci-contre : lors de la prise de vue je n’avais pas vu que l’oiseau apparaissait en ombre sur celle de l’homme au niveau de l’épaule.

Quel est votre matériel de travail ? Apportez-vous un traitement à vos photos ?
Je travaille en argentique avec un boitier Reflex – le Leica R7, et deux objectifs: un 24 et un 50mm. L’utilisation de courtes focales me permet, en tant que portraitiste, de m’approcher le plus possible du sujet. Cette pratique ôte l’impression de voler un instant de vie. Il m’arrive de travailler avec un boîtier numérique à objectifs interchangeables, mais les résultats sont souvent moins concluants. L’argentique offre une dynamique toute différente de celle du numérique qui implique lui plus de clichés, plus de choix et plus de temps. Naturellement, le matériel ne fait pas tout. Un jour, privé de mon matériel habituel, il m’est arrivé de me laisser aller à des prises de vue avec un appareil jetable !
Par contre, je scanne les négatifs après leur développement et apporte les fichiers au labo après traitement éventuel. Le labo peut alors tirer les photos en fonction de la demande. En termes de traitement, je me limite au minimum et mes photos ne sont jamais recadrées, si ce n’est pour les triptyques afin d’obtenir un format carré.

Auriez-vous des conseils à donner à tout un chacun pour évoluer dans la pratique de la photographie ?
J’invite à se former, que ce soit en cours du soir ou ailleurs, aux fondamentaux de la photo – profondeur de champ, objectifs, cadrages, le tout avec un appareil argentique. En outre, je recommande d’éviter de s’habituer à utiliser le mode automatique; c’est un mauvais réflexe qui n’apporte rien. Le photographe doit être maître de son appareil; il doit pouvoir gérer tous les éléments qui, en automatique, influenceraient grandement le résultat final et ce dernier ne reflètera pas la personnalité du photographe.

Quels sont vos projets à venir ?
Dans l’immédiat, je souhaiterais présenter ce qui existe en multipliant les expos. Notamment, j’aimerais partager les photos prises lors d’un voyage en Iran l’année dernière, dans l’optique de montrer autre chose que ce que l’on peut entrevoir du pays par l’intermédiaire des médias. Enfin, j’aimerais montrer ce qui m’interpèle en Belgique, au-delà du politiquement correct.

Merci Ridha !

Exposition à voir à la Librairie 100 Papiers, Avenue Louis Bertrand jusqu’à la fin du mois de novembre.
Site web de Ridha Ben Hmouda

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